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Introduction
La thèse de Drosnin
Le début du mensonge
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Le fond du problème
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Conclusion
 
Il s’agit bien ici de montrer la proche parenté entre le Code Secret et les sciences occultes, dont l’une (la numérologie) apparaît comme sa véritable source d’inspiration. Ce lien devient encore plus évident après avoir réalisé une sorte d’enquête de voisinage. J’ai fureté dans les différents sites Internet qui font la promotion de Drosnin. Ainsi, le 18 avril 2003, le site Amazon (une librairie en ligne) annonçait que les acheteurs du Code Secret avaient également acheté les auteurs suivants : un philosophe très « tendance », un romancier grand public, une spécialiste des méthodes de remise en forme… et deux adeptes déclarés de la sorcellerie. Autre exemple ? Le site Psiland, cité plus haut. Le Code Secret y figure en noble compagnie : « Nostradamus, l’éternel retour » et l’histoire d’ « Un voyant prodigieux, Alexis Didier ». Sans parler de telle grande surface qui fait figurer le Code Secret à son rayon « Esotérisme », quelque part entre « Les rythmes du zodiaque » de Françoise Hardy, et « Révélations sensationnelles des vrais secrets des sciences occultes » d’un dénommé Carolus Gamblin.

La liste serait interminable, et fait froid dans le dos. Elle est très révélatrice de la motivation première de l’immense majorité des lecteurs de Drosnin : l’appétit immémorial des hommes pour les mystères de l’occultisme, même s’il ne dit pas clairement son nom. De là ce renoncement sidérant à toute réflexion que je déplorais plus haut : ce penchant transforme toujours ses victimes en pauvres bougres décervelés, et (j’exprime ici mon point de vue de Chrétien) les rejette à des années-lumière de la vérité simple de l’Evangile.

Avant de conclure cette partie de l’exposé, je ne résiste pas au plaisir de donner un dernier coup de pied dans ce nid de serpents. On me dira que l’accusation d’occultisme est par définition infondée dans ce cas précis : qu’ils aient raison ou pas, les tenants du Code Secret s’appuient sur des méthodes modernes, scientifiques, qui n’ont rien à voir avec des recettes de thaumaturge. Le Code Secret sort d’un ordinateur, pas d’un chaudron de sorcière ! Or, cet argument ne tient pas une seconde. Les techniques modernes ne sont pas incompatibles avec certaines pratiques démoniaques. J’ai même tendance à penser que pour avoir un véritable impact, atteindre le plus grand nombre, elles doivent aujourd’hui forcément utiliser ces techniques. Tapez « numérologie » sur Internet, et vous obtiendrez les références de plus de 6000 sites d’astrologie en ligne. Je suis prêt à parier que la plupart des bobards pondus par ces crapules sortent tout droit de logiciels spécialement conçus pour cela.


Le Code Secret à la lumière de la Bible

Laissons la Bible trancher. Dans sa cohérence, elle s’explique lui-même, et ses messages essentiels sont accessibles à des enfants ou des simples d’esprit. Elle est elle-même, finalement, la seule bonne façon de répondre à ces fariboles. Je renvoie à la lecture des versets suivants :

Deutéronome 29, verset 29 :

« Les choses cachées sont à l'Éternel, notre Dieu; les choses révélées sont à nous et à nos enfants, à perpétuité, afin que nous mettions en pratique toutes les paroles de cette loi. »

Deutéronome 30, versets 11 à 14 :

« Ce commandement que je te prescris aujourd'hui n'est certainement point au-dessus de tes forces et hors de ta portée. Il n'est pas dans le ciel, pour que tu dises : Qui montera pour nous au ciel et nous l'ira chercher, qui nous le fera entendre, afin que nous le mettions en pratique ? Il n'est pas de l'autre côté de la mer, pour que tu dises: Qui passera pour nous de l'autre côté de la mer et nous l'ira chercher, qui nous le fera entendre, afin que nous le mettions en pratique ? C'est une chose, au contraire, qui est tout près de toi, dans ta bouche et dans ton cœur, afin que tu la mettes en pratique. »

Ces deux versets mettent l’accent sur le fait que les messages essentiels de la Bible sont accessibles. On y ressent comme une sorte de bon sens paysan, nous encourageant à faire simple. Ce qui nous est nécessaire et suffisant est là, rédigé d’une façon claire et précise. Pas la peine d’aller chercher plus loin que cette Révélation : sa richesse nous comble, et il n’y a qu’à se baisser pour la saisir. Nul besoin d’être un informaticien surdoué pour en comprendre les secrets : il suffit de savoir lire, et de le faire avec un cœur honnête.


Je ne dis pas ici que toute la Bible est facile d’accès. C’est un exemple un peu « bateau », mais je reconnais bien évidemment que je suis loin d’avoir compris l’intégralité de l’Apocalypse. Je rajoute même que l’on y trouve (comme d’ailleurs dans toute la Bible, et dans Daniel en particulier) une forte symbolique des nombres. Mais cela n’a rien à voir avec la numérologie ou un quelconque code mystérieux. Ces symboles (comme l’expliquent fort bien les notes insérées dans la Nouvelle Bible Segond) sont en fait les éléments d’une structure littéraire destinés non à dissimuler un message codé, mais à faciliter la compréhension du texte lisible à tous ceux qui sont désireux d’en faire une étude approfondie.

J’entends déjà les sarcasmes des plus habiles promoteurs du Code Secret : « Mais, mon bon Monsieur, vous jouez les esprits forts ! Vous n’avez donc pas compris que ces découvertes valident la Bible, démontrent qu’elle a valeur de révélation ? En les refusant, en les discréditant, c’est de la Bible elle-même que vous vous moquez. Quelle incrédulité ! Quel orgueil ! ».

le code secret: du bidon
24/06/03